
Nesciothemis pujoli, Libellulidae, est un très élégant odonate, peu commun, que nous avons rencontré de façon inattendue, au bord de la route, au pied d'un pont, agrippé à des herbes hautes que secouait le vent.
Il fait partie d'un genre qui compte 5 espèces dont 2 seulement sont présentes au Ghana, Nesciothemis pujoli et N. minor que nous n'avons malheureusement pas rencontré.

Le sujet que nous avons observé, le seul du séjour, est mature mais n'a pas fini son évolution car les doubles bandes jaunes de son abdomen deviendront noires, soit les segments 4 à 10. Et cette coloration sombre permet de le séparer de N. minor dont seulement les segments 7 à 10 sont noirs. Il prend d'ailleurs le nom de Western Blacktail en anglais.
Pinhey a mesuré l'abdomen de son holotype à 26,5 mm ; il mesure donc environ à peine plus de 39 mm.

Sur l'ADDO, on lit qu'on le trouve sur les eaux stagnantes et sur les rivières, en milieu ouvert.
Sa distribution s'étend de la Sierra Leone, de la Guinée et du sud du Mali jusqu'à la République centrafricaine.
IUCN Red List.
Noter la présence d'un diptère parasite sur son aile gauche, peut-être du genre Forcipomyia.

Origine et étymologie : Nesciothemis pujoli
Nesciothemis : Suhling & Martens (2007) donne l'explication, que fournit d'ailleurs Longfield (1955), mais je n'ai pas réussi à accéder au document où ce dernier auteur a créé le genre. Nescio vient du verbe latin nescire qui signifie j'ignore, je ne sais pas, et Cynthia Longfield avoue ainsi qu'elle ne sait pas trop où placer cet odonate (N. farinosa) qui était avant placé dans les Orthetrum.
Themis, comme il est presque d'usage depuis que Brauer l'a utilisé le premier, n'est qu'un signe d'appartenance à la famille des Libellulidae ; c'est la déesse grecque de l’ordre, de la justice, et le nom de cette déesse de l’ordre est particulièrement bien adapté à la taxonomie, science qui vise à décrire et ordonner les familles, genres et espèces.
Pujoli, Pinhey rend hommage au professeur et chercheur français Raymond Pujol (1927–2023), agronome et ethnobiologiste de terrain puis professeur d'ethnozoologie au Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) à Paris. Ce scientifique a amassé une collection de plus de 500 odonates, autour de Bangui, en République centrafricaine, entre 1965 et 1969, collection qui a été transmise à Elliot Pinhey.

Dijkstra, K-D. (editor), 2020. African Dragonflies and Damselflies Online (ADDO).
Longfield, 1955. The Odonata of N. Angola. Part I. Publicacoes culturais Companhia Diamantes Angola, 27, 11-63.
Pinhey, E.C.G., 1971. Odonata collected in Republique Centre-Africaine by R. Pujol. Arnoldia, 5, 1-16, p. 13.
Frank Suhling & Andreas Martens, 2007. Dragonflies and Damselflies of Namibia, , Gamsberg Macmillan.