Comparaison des femelles Platycnemis acutipennis, latipes et pennipes

Le but de ce montage est de comparer essentiellement 3 éléments, la double bande antéhumérale, les pattes et la longueur des ailes.
On note que la fameuse double bande antéhumérale noire des Platycnemis n’est pas toujours double pour P. acutipennis et latipes : la ligne inférieure est exceptionnellement absente chez les sujets matures, mais elle est souvent faible ou largement incomplète, alors qu’elle est toujours bien marquée et complète pour P. pennipes.

Comparaison des 3 Platycnemis européens, acutipennis, latipes et pennipes
Comparaison des 3 Platycnemis européens, acutipennis, latipes et pennipes


Les pattes, en dehors du pronotum, sont l’élément essentiel d’identification de ces femelles :
– Platycnemis acutipennis : les tibias postérieurs sont fins et portent une ligne sombre complète.
– Platycnemis latipes : les tibias sont très larges (moins tout de même que ceux des mâles), les postérieurs n’ont pas de ligne noire ou juste une trace, les moyens juste une ébauche.
– Platycnemis pennipes : les tibias postérieurs sont moyennement larges et portent une ligne sombre sur toute la longueur, ou presque.

De ceci il ressort que l’identification est souvent difficile sur photo, quand le cliché ne met pas en évidence les pattes sous une incidence correcte, car elles peuvent être tournées et ne pas révéler à la fois leur réelle largeur et la longueur de la ligne sombre sur le tibia.
Il ne faut pas oublier de regarder les pattes situées de l’autre côté, « par-dessous » le thorax, car c’est parfois de cette façon qu’on apprécie le mieux la largeur de ces tibias.

Les ailes peuvent apporter une aide précieuse et c’est un détail/critère moins connu : celles de P. latipes sont plus courtes que celles de ses cousines. Alors que les ailes de P. acutipennis et pennipes dépassent très largement la limite entre le 6° et 7° segment abdominal, celles de P. latipes n’y parviennent pas ou à peine, ses ailes n’atteignent pas S7.

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Platycnemis latipes : femelle émergente

Platycnemis latipes femelle émergente, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020
Platycnemis latipes femelle émergente, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020

C’est au bord du Luy, que j’ai observé cette très jeune femelle dans une de ses premières exhibitions aériennes ; je l’ai vu se poser mollement devant moi, montant de la rivière en contre-bas, terminant sans doute son premier vol. Elle a toutes caractéristiques d’un sujet émergent, encore peu colorée, les yeux laiteux et les ailes brillantes.
Cependant, les critères d’identification sont déjà présents : la coloration abdominale se limite aux derniers segments, la ligne inférieure de la double bande antéhumérale est faiblement marquée et les tibias moyens et postérieurs ne montrent qu’une très courte ligne noire supérieure.
Il faut toujours se méfier de la largeur des tibias : même si parfois ils sont larges de façon évidente, ils ne sont pas très souvent vus parfaitement de profil et apparaissent parfois aussi étroits que ceux de P. acutipennis ; il suffit de comparer la largeur respective des tibias moyens droit et gauche sur la photo ci-dessus !

Platycnemis latipes femelle émergente, Castelnau-de-Montmiral (France-81), 21/06/2021
Platycnemis latipes femelle émergente, Castelnau-de-Montmiral (France-81), 21/06/2021

Pour cette autre femelle au bord d’un des étangs de la base de loisirs de Vère-Grésigne la ligne inférieure de la double bande antéhumérale est carrément absente, ou plutôt encore absente. Je ne suis pas un spécialiste de l’espèce qui n’est pas présente dans la région où j’habite, mais je n’ai jamais lu qu’elle pouvait être complètement absente pour une adulte. D’ailleurs elle est très peu colorée et son abdomen ne porte presque aucune marque sombre.
C’est une femelle malicieuse qui fait croire que son large tibia postérieur porte une longue ligne sombre verticale : il n’en est rien, et on le constate en agrandissant l’image qu’il s’agit de la superposition des pattes gauche et droite.
Encore une fois on peut comparer la largeur relative des tibias moyens droit et gauche.

Platycnemis latipes : appendices anaux

Platycnemis latipes mâle, appendices anaux, Sort-en-Chalosse, 04/07/2020
Platycnemis latipes mâle, appendices anaux, Sort-en-Chalosse, 04/07/2020

Certains peuvent douter de l’utilité de telles photos. Mais si l’on cherche à identifier un sujet émergent, non encore coloré, il n’y a pas d’autre façon de connaître son identité que d’examiner ses appendices anaux, ou en tout cas de différencier ce Platycnemis de ses 2 cousins acutipennis et pennipes.
On distingue très nettement sur les cercoïdes, appendices anaux supérieurs, une petite éminence ou lobe ; celui-ci est beaucoup plus court que le cercoïde lui-même.
Pour Platycnemis pennipes ils sont de même longueur, pour Platycnemis acutipennis ce lobe supérieur est nettement plus long.

Pronotum des femelles du genre Platycnemis

Pronotum des Platycnemis femelles
Pronotum des Platycnemis femelles : de gauche à droite P. acutipennis, P. latipes, P. pennipes

Il est fortement conseillé de cliquer sur les photos pour les agrandir.
Le pronotum des femelles P. acutipennis montre 2 fortes épines divergentes, celui de P. latipes des épines très faibles (sauf exception !), voire une simple tubérosité, quant à P. pennipes il est lisse dépourvu de relief.

Pronotum des femelles Platycnemis (G) acutipennis et Platycnemis latipes (D)
Pronotum des femelles Platycnemis (G) acutipennis et Platycnemis latipes (D)
Pronotum des femelles Platycnemis acutipennis (G) et Platycnemis pennipes (D)
Pronotum des femelles Platycnemis acutipennis (G) et Platycnemis pennipes (D)
Pronotum des femelles Platycnemis latipes (G) et Platycnemis pennipes (D)
Pronotum des femelles Platycnemis latipes (G) et Platycnemis pennipes (D)
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Platycnemis latipes femelle et pronotum 2/2

Platycnemis latipes femelle, pronotum, Montreal (FRance-07), 14/07/2020
Platycnemis latipes femelle, pronotum, Montreal (France-07), 14/07/2020

Il n’y a qu’en cas de doute que le pronotum est nécessaire à l’identification, car son observation nécessite la capture ou des photos difficiles à réaliser en raison de la très petite taille des structures que l’on cherche à mettre en évidence et de la mauvaise volonté relative des sujets 😉 Enfin, cette fois-ci on voit (cliquer sur la photo !) le triangle de la partie postérieure du pronotum et ses 2 dents sublatérales : celle de gauche est très aigüe et étirée, un peu à la façon de P. acutipennis… mais un plan plus large permet de constater que les pattes, avec un trait noir très bref sont bien celles de P. latipes. Celle de droite, beaucoup moins évidente est conforme à ce qu’on attend d’une honnête femelle latipes.
Ces épines sont plus latérales et très puissantes pour P. acutipennis et absentes pour P. pennipes.

Platycnemis latipes femelle, l'Isle sur Tarn (France--81), 08/07/2020
Platycnemis latipes femelle, l’Isle sur Tarn (France–81), 08/07/2020

Heureusement en croisant d’autres critères on parvient à les identifier : la quasi totale absence de noir sur les pattes antérieures et moyennes, le noir sur l’abdomen limité aux derniers segments suffisent en général.

Platycnemis latipes femelle, l'Isle sur Tarn (France--81), 08/07/2020
Platycnemis latipes femelle, l’Isle sur Tarn (France–81), 08/07/2020
Platycnemis latipes femelle, Montreal (France-07), 14/07/2020
Platycnemis latipes femelle, Montreal (France-07), 14/07/2020

Mais ces femelles sont variables et parfois le noir sur l’abdomen est beaucoup plus étendu, comme ci-dessus : mais là encore, le noir sur les crêtes tibiales est très réduit.

Platycnemis latipes femelle, Castelnau-Chalosse (France-40), 04/07/2020
Platycnemis latipes femelle, Castelnau-Chalosse (France-40), 04/07/2020
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