Libellula quadrimaculata femelle émergente 1/1

Libellula quadrimaculata femelle émergente, Beaupréau (France-49), 18/06/2009
Libellula quadrimaculata femelle émergente, Beaupréau (France-49), 18/06/2009

Cette très jeune femelle vient de faire son vol inaugural, depuis ma petite mare jusqu’à ces Orangers du Mexique qui en sont éloignés à peine de 2 mètres. C’est un support fréquemment adopté, car il est à l’abri du vent et en plein soleil à cette heure (13 heures 30).
Les ailes brillantes montrent une coloration diffuse sous les nodus et ptérostigmas, qui caractérise les sujets du type praenubila. On retrouve la même singularité sur la femelle ci-dessous :

Libellula quadrimaculata femelle émergente, Saint Rémy en Mauges (France-49), 14/05/2010
Libellula quadrimaculata femelle émergente, Saint Rémy en Mauges (France-49), 14/05/2010
Libellula quadrimaculata femelle émergente, Coligny (France-01), 08/05/2021
Libellula quadrimaculata femelle émergente, Coligny (France-01), 08/05/2021

Malheureusement tout ne se passe pas toujours aussi bien et si la femelle ci-dessus va décoller sans problème malgré une petite imperfection des ailes gauches, la dernière n’aura pas cette chance…

Libellula quadrimaculata femelle émergente, Coligny (France-01), 08/05/2021
Libellula quadrimaculata femelle émergente, Coligny (France-01), 08/05/2021

Il faut encore remarquer ici le cloisonnement des sacs aériens, à la fois sur le thorax et l’abdomen… Je ne connais pas d’autre espèce ou il est si visible à cet âge.
Ces sacs aériens semblent occuper une bonne partie de la face dorsale de l’abdomen et leur rôle mériterait certainement des investigations supplémentaires…

Libellula quadrimaculata femelle émergente, Coligny (France-01), 08/05/2021
Libellula quadrimaculata femelle émergente, Coligny (France-01), 08/05/2021

Car il ne s’agit pas de sacs aériens trachéaux et je n’ai jamais lu qu’ils sont en communication avec le système respiratoire des odonates… Sont-ils là simplement pour raidir la structure sans ajouter de poids ?
Certains leur ont attribués un rôle de sustentation ; exposés au soleil, ils allégeraient l’odonate, à la façon d’un ballon à air chaud. Il faudrait alors que la différence de température entre l’air ambiant et l’air contenu dans ces cellules soit importante, ce qui semble incompatible avec la survie même de l’insecte…

Aeshna mixta – curiosités 2/2 : humidité dans les sacs aériens

Sur cette page lorsque je parle des sacs aériens des libellules j’entends ceux que l’on peut voir à travers la cuticule des odonates sous forme d’espaces cloisonnés. Il en existe d’autres, profonds, qui participent à la respiration trachéale, ce qui n’est pas le cas de ces sacs visibles à travers la transparence de la cuticule.

Le 20 septembre 2008 j’ai eu la chance d’observer un mâle Aeshna mixta dans mon jardin, posé sur une ronce. J’ai fait de nombreuses photos car il s’est montré très patient, en plein soleil, à midi. J’ai pu m’approcher comme on s’approche rarement des Aeshnidae mais il s’est envolé quelques secondes après celle-ci :

Aeshna mixta mâle, humidité dans les sacs aériens, Beaupréau (France-49), 20/09/2008
Aeshna mixta mâle, humidité dans les sacs aériens, Beaupréau (France-49), 20/09/2008

Ce n’est qu’en 2012 que j’ai fait attention à cette photo et l’ai montrée sur le forum Le Monde des Insectes.
Si on clique sur la photo on voit très nettement ce qui ressemble à des gouttes de condensation à l’intérieur de ces sacs aériens ! Très étonnant mais voit-on souvent les sacs aériens si bien délimités et de si près ? J’imagine que si leur délimitation est si visible c’est justement à cause de l’humidité ; pulvérisez de l’eau sur un verre dépoli il paraît beaucoup plus transparent /translucide.
Pourquoi, s’il s’agit de condensation, ne semble-t-il y avoir des gouttes que dans un des sacs et en particulier sur une cloison d’un des sacs ?
La condensation se produit quand de l’air humide est au contact d’une paroi plus froide que lui. Il se serait produit un effet de serre, l’air chaud et humide contenu dans ce sac se serait condensé au contact de la cuticule plus froide. Ce n’est guère convaincant d’imaginer une telle différence de température entre les 2 milieux…

Cependant c’est certainement le rôle majeur de ces sacs aériens que d’isoler thermiquement la libellule et ses muscles thoraciques de la chaleur mais aussi du froid car on connaît bien son extrême sensibilité au froid et son besoin de chaleur pour voler.
L’origine de ces gouttes reste pour moi un mystère.

D’autres rôles ou utilités sont attribués aux sacs aériens et l’observation montre qu’ils sont parfois enfoncés, comme la carrosserie d’une voiture, et comme pour cette dernière les dégâts mineurs n’affectent pas ses capacités à poursuivre une activité normale ; un rôle … d’air-bag donc.

On lit parfois qu’ils amélioreraient la sustentation des libellules par un effet « montgolfière », l’air chaud contenu dans les sacs étant plus léger que l’air ambiant. J’ai bien du mal à penser que l’air pourrait être si chaud dans les sacs aériens qu’il jouerait un rôle de ballon sans nuire gravement au métabolisme de la libellule ; il faudrait aussi que l’air se dilate et que le volume des sacs aériens augmente sensiblement ce qui n’a jamais été observé.