Onychogomphus uncatus : curiosité

Onychogomphus uncatus mâle émergent, Joyeuse (France-07), 14/06/2013
Onychogomphus uncatus mâle émergent, Joyeuse (France-07), 14/06/2013

Récemment, au sujet de l’identification d’un Onychogomphus je suis intervenu pour signaler que le critère du triangle anal à 4 cellules pour Onychogomphus uncatus (3 pour O. forcipatus) n’était pas valide.
D’ailleurs Dijkstra dans son « Guide des Libellules de France et d’Europe » écrit pour Onychogomphus uncatus « Triangle anal normalement à 4 cellules » et de la même façon, il mentionne pour O. forcipatus  » Triangle anal normalement à 3 cellules ».

J’ai donc fait le tour de mes photos et j’ai trouvé ce mâle O. uncatus émergent qui compte 3 cellules dans le triangle anal.

Onychogomphus uncatus mâle émergent, Joyeuse (France-07), 14/06/2013

D’une façon générale les comptages de cellules ou de nervures ne sont que des indications statistiques, plus ou moins solides, et peuvent presque toujours être mis en défaut. C’est d’ailleurs le même problème avec le nombre de cellules du triangle des Cordulegaster qui ne peut non plus être considéré comme un critère absolu.

Onychogomphus uncatus mâle émergent, Joyeuse (France-07), 14/06/2013
Onychogomphus uncatus mâle émergent, Joyeuse (France-07), 14/06/2013

Par contre, j’ai vainement cherché dans mes photos d’Onychogomphus forcipatus, pourtant beaucoup plus nombreuses, un mâle montrant un nombre différent de 3 cellules dans le triangle anal…
En tout cas il est prouvé qu’on ne peut établir une identification sur ce seul « critère ».

Onychogomphus uncatus femelle en ponte

Onychogomphus uncatus femelle en ponte, Montreal (France-07) sur la Ligne, 15/07/2020
Onychogomphus uncatus femelle en ponte, Montreal (France-07) sur la Ligne, 15/07/2020

Évidemment sur cette seule photo, il n’est pas possible de deviner que cette femelle Onychogomphus uncatus est en ponte, il faut me faire confiance…
Je n’avais jamais observé de femelle du genre Onychogomphus en ponte, et si j’ai fait plusieurs photos à la volée, seule celle-ci, qui n’est pas vraiment une action de ponte est correcte. Pierre Juliand qui était avec moi m’a dit qu’il n’avait que très rarement observé cette scène.
Il faut imaginer qu’entre ces instants de vol horizontal, elle abaisse soudainement son abdomen pour balancer un ou des paquets d’œufs dans l’eau peu profonde. Le substrat est ici essentiellement tapissé de galets.
On devine que ce lâcher constitue un régal pour les poissons, mais les larves issues de ces pontes sauront se camoufler dans le substrat sableux entre les galets où elles devront passer au moins 2 ans accomplissant 12 à 15 stades larvaires.