Lestes virens femelle 4/4

Lestes virens femelle, Le Fuilet (France-49), 11/08/2021

Cela faisait des années que je n’avais pas photographié de femelle Lestes virens aussi je me suis décidé à réparer cette lacune en me rendant dans les landes des Étangs des Bruyères au Fuilet, un ensemble de milieux humides créés par l’abandon de site d’extraction d’argile.
À cette saison tous les sujets que je rencontrerai sont largement matures et bien colorés et on retrouve les éléments d’identification caractéristiques ; l’arrière de la tête jaune (sans coloration métallisée), les ptérostigmas bruns aux extrémités claires, et … la petite encoche dans la coloration métallisée de l’abdomen, particulière à Lestes virens vestalis, qui est le seul dans ma région.

Lestes virens femelle, Le Fuilet (France-49), 11/08/2021
Lestes virens femelle, Le Fuilet (France-49), 11/08/2021

Sur la photo ci-dessus on note ce qui différencie les deux prétendues sous-espèces : pour Lestes virens vestalis la coloration métallisée du thorax atteint la suture métapleurale et la tache de coloration au-dessus de la patte moyenne (sur l’infraépisterne mésothoracique…) est très large, non individualisée en un point.
L’écaille vulvaire triangulaire, bien visible à l’union du 8° et du 9° segment est particulièrement pointue.
À l’extrémité de la lame vulvaire on note 2 filaments ou palpes, qui renseignent la femelle sur la qualité du substrat de ponte, en général des écorces tendres.

Lestes virens femelle, Le Fuilet (France-49), 11/08/2021
Lestes virens femelle, Le Fuilet (France-49), 11/08/2021

Quelques jours plus tard, j’ai eu le plaisir de retrouver quelques individus mâles et femelles dans le marais du Logit, au Verdon-sur-Mer, parmi des nuées de Lestes barbarus. Je ne connais pas la carte de répartition des L. v. virens et L. v. vestalis, mais c’est toujours la seconde sous-espèce qui est présente en Gironde.

Lestes virens femelle, Le Verdon-sur-Mer (France-33), 14/08/2021
Lestes virens femelle, Le Verdon-sur-Mer (France-33), 14/08/2021
Lestes virens femelle, Le Verdon-sur-Mer (France-33), 14/08/2021

Lestes virens : curiosité 1/2

Lestes virens mâle portant un œuf, Le Fuilet (France-49), 31/08/2009
Lestes virens mâle portant un œuf, Le Fuilet (France-49), 31/08/2009

Je ne me suis aperçu de la bizarrerie de ce mâle que sur l’ordinateur, trop tard pour faire d’autres photos, notamment pour essayer de m’en approcher. J’ai laissé cette photo dormir des années sans avoir réalisé ce qu’elle pouvait avoir d’intéressant.
Je n’avais pas compris à l’époque qu’il s’agissait très certainement d’un œuf, qui s’est collé là lors d’un accouplement. Les femelles L. virens pondent en principe en couple, mais il leur arrive également de pondre en solitaire. Il est tout à fait possible que ce mâle ait capturé une femelle en ponte pour s’accoupler avec elle et que lors de l’appariement des pièces copulatrices un œuf prêt à être pondu se soit échappé de l’ovipositeur. On sait même que des conditions de stress extrêmes peuvent provoquer la ponte chez les odonates.

Lestes virens mâle portant un œuf, Le Fuilet (France-49), 31/08/2009
Lestes virens mâle portant un œuf, Le Fuilet (France-49), 31/08/2009

J’ai mesuré la taille de cet objet et j’en suis arrivé à environ 1.5 mm. Je n’ai pas trouvé la taille des œufs de Lestes virens, mais ceux d’une espèce proche et voisine en taille, Lestes sponsa, font 1.4 mm (1), ce qui rend la supposition tout à fait crédible.

-1- Paul Robert, Les Libellules, 1958.

Lestes virens : curiosité 2/2

Lestes virens mâle capturant un couple d’Ischnura elegans, le Fuilet (France-49), 31/08/2009

C’est au bord d’une ancienne argilière que j’ai surpris ce trio se déplaçant maladroitement de touffes de joncs en touffes de jonc ; je n’ai eu que quelques secondes pour faire trois photos identiques, avant que l’ensemble ne traverse la mare pour aller se poser hors de ma vue.
On se demande ce qui peut pousser un mâle Lestes virens à capturer un couple d’Ischnura elegans in copula en cramponnant le mâle comme il attrape normalement les femelles de son espèce ? L’explication scientifique actuellement en vogue est qu’il est parfois plus économique sur le plan énergétique, pour le mâle, de capturer d’abord et de réfléchir ensuite, surtout dans un environnement pauvre en femelles de sa propre espèce, où il pourrait passer des dizaines de minutes ou plus, sur les ailes, à explorer les lieux. Et il est vrai que les femelles Lestes virens sont rarement vues (par les humains en tout cas) dans ma région, et que j’en ai très peu en photo, en dehors des accouplements et des pontes.

Personnellement cette explication me laisse rêveur quand de nombreux articles scientifiques insistent sur l’exceptionnelle vision des odonates …
Si des lecteurs ont une autre explication, je serais très intéressé.

Lestes virens femelle 3/4 : l’écaille vulvaire

Lestes virens femelle écaille vulvaire, Le Fuilet (France-49), 01/07/2012
Lestes virens femelle écaille vulvaire, Le Fuilet (France-49), 01/07/2012

Une telle photo peut paraître très « technique » pour les débutants, mais c’est un élément essentiel, voire incontournable pour l’identification des sujets émergents ou très jeunes, en particulier entre Lestes virens virens et Lestes barbarus, avant que la couleur des ptérostigmas ne s’affirme. Il faut bien sûr de bonnes photos ou une loupe en ayant capturé le sujet.
Pour Lestes virens l’écaille est pointue, pour Lestes barbarus elle est arrondie ou même aplatie dans sa partie terminale.

Lestes virens : accouplement en vidéo

Le Fuilet (France-49), 01/10/2011

Bien classiques en cette fin de saison, on assiste à de nombreux accouplements de Lestes viridis et virens, au bord de ce petit étang partiellement végétalisé.
On observe toujours ce mouvement qui assure le transfert du sperme, gymnastique très évidente pour les zygoptères, souvent moins pour les anisoptères.
Le cœur copulatoire et le tandem qui s’ensuit peuvent durer plusieurs heures, en particulier si de nombreux mâles en quête de femelles harcèlent le couple.