Séparer les femelles Onychogomphus des autres Gomphidae

Les débutants ont parfois du mal à reconnaitre les femelles Onychogomphus, qui n’ont pas comme les mâles des appendices anaux distinctifs et évidents.
Pourtant, les motifs que les femelles Onychogomphus sp. portent sur l’abdomen sont facilement reconnaissables et distinctifs, et les séparent de tous les autres Gomphidae de France continentale.

Ces motifs jaunes, très larges et étendus latéralement à la base des segments se poursuivent par une forme ovale vers l’apex.
Il n’y a que la forme des motifs d’Ophiogomphus cecilia qui s’en rapprochent un peu ; ils sont cependant plus étroits, formés plutôt de 3 parties et non 2, et cette espèce n’a pas d’interruption de la coloration jaune sur S8 et S9. Sa coloration verte écarte tout risque de confusion.


Pour tous les autres Gomphidae la ligne jaune dorsale est beaucoup plus étroite et discrète (et il n’y a que pour Gomphus vulgatissimus où elle est interrompue sur S8 et S9).

Stylurus flavipes n’échappe pas au même format de motifs.

Vietnam – Asiagomphus auricolor (Fraser,1926)

Asiagomphus auricolor, Vietnam, Cuc Phuong, 15/02/2020.
Asiagomphus auricolor, Vietnam, Cuc Phuong, 15/02/2020.

Encore un magnifique Gomphidae, un des trois Asiagomphus que nous avons observé pendant cette prospection. C’est un genre difficile pour lequel Tom Kompier a fait une révision des 8 espèces jusqu’ici rencontrées au Vietnam, en 2020 dans Zootaxa.
Il est facile à différencier de A. acco dont l’abdomen est essentiellement noir. Il ressemble beaucoup plus à A. pacificus. Il est le plus commun dans le Nord du Vietnam.

Asiagomphus auricolor, Vietnam, Cuc Phuong, 15/02/2020.
Asiagomphus auricolor, Vietnam, Cuc Phuong, 15/02/2020.

Ce qui semble le plus évident à un profane est la quantité de jaune, ou plutôt de coloration non noire sur les 2 premiers segments ; ils sont essentiellement jaunes (ou verts) avec 2 touffes de soies de chaque côté du S1, la coloration noire est limitée à la partie distale du S2 alors que pour A. pacificus ces 2 segments sont traversés par une large bande noire.

Asiagomphus auricolor, Vietnam, Cuc Phuong, 15/02/2020.
Asiagomphus auricolor, Vietnam, Cuc Phuong, 15/02/2020.

Sa distribution exacte reste à préciser…

Cet article fait partie des odonates observés au Vietnam, pour revenir à la page des Odonates du Vietnam cliquer ici.

Gomphus pulchellus (Selys, 1840): accouplement 4/4

Gomphus pulchellus accouplement, Pornic (France - 44), Étang du gros caillou, 17/05/2020
Gomphus pulchellus accouplement, Pornic (France – 44), Étang du gros caillou, 17/05/2020

Gomphus pulchellus à beau être commun en Maine et Loire ou ici en Loire Atlantique, je ne boude pas mon plaisir d’observer et de photographier un accouplement; ce n’est d’ailleurs que la 4° fois depuis que je m’intéresse aux odonates que j’ai l’occasion de les immortaliser.
C’est aussi l’occasion de montrer un détail de la nervation des Gomphidae, détail partagé aussi par les Aeshnidae et les Corduliidae (mais pas les Libellulidae, ni les Corduliidae); il s’agit de cet épaississement de la nervation au niveau, pour les Gomphidae, de la première anténodale et de la 4°, 5°, 6° ou 7° anténodale.
Je n’ai jamais rien lu à ce propos mais comme on note une très forte ressemblance avec la nervure renforcée du nodus on peut supposer qu’il s’agit ici aussi d’améliorer les performances de l’aile.

Gomphus pulchellus, détail de nervation, Pornic (France - 44), 17/02/2020
Gomphus pulchellus, détail de nervation, Pornic (France – 44), 17/02/2020

Tous les Gomphidae que j’ai pu voir à travers le monde montrent cet épaississement, même les Chlorogomphidae.
Si on le rencontre aussi pour les Aeshnidae et les Cordulegasteridae il concerne toujours la première anténodale mais la suivante est parfois au delà de la 5°, par exemple souvent la 6° pour Anax imperator, la 6° ou 7° pour Aeshna grandis, la 7° pour Hemianax epiphigger et Aeshna cyanea, jusqu’à la 8° pour Cordulegaster boltonii.

Gomphus pulchellus accouplement, Pornic (France - 44), Étang du gros caillou, 17/05/2020
Gomphus pulchellus accouplement, Pornic (France – 44), Étang du gros caillou, 17/05/2020

Il y a donc peu de variations entre les familles et la localisation de ce renforcement correspond peut-être à un artifice technique améliorant les performances de l’aile.
Il serait donc intéressant de savoir ou de comprendre pourquoi les 2 familles les plus récentes des anisoptères ont abandonné ces renforcements localisés s’ils avaient une utilité et dans l’affirmative quelles astuces elles ont utilisées pour s’en passer…

Sur la suggestion de Régis Krieg-Jacquier j’ai contacté André Nel, paléo-entomologiste au Muséum Nationale d’Histoire Naturelle, qui m’a très gentiment et aussitôt adressé une réponse très documentée. J’étais bien loin de savoir que j’avais mis le doigt sur un détail qui raconte l’histoire de l’évolution des libellules!
J’en ferai donc une page dédiée un peu plus tard.

Vietnam 2018 – Paragomphus capricornis (Förster, 1914)

Paragomphus capricornis mâle, Vietnam, Cao Bang, 06/06/2018
Paragomphus capricornis mâle, Vietnam, Cao Bang, 06/06/2018

On peut souvent compter sur les Gomphidae mâles pour montrer des appendices anaux spectaculaires, et ceux des Paragomphus ne font pas exception, cette forme en crochet étant d’ailleurs une signature du genre (voir Paragomphus genei ici en Ethiopie).
Ce Paragomphus a eu un certain succès car il est resté le temps que tout notre groupe le photographie longuement sous tous les angles, dans sa posture coutumière, l’abdomen plus haut que le thorax.

Paragomphus capricornis appendices anaux mâles, Vietnam, Cao Bang, 06/06/2018
Paragomphus capricornis appendices anaux mâles, Vietnam, Cao Bang, 06/06/2018

Il mesure de l’ordre de 45 mm et se plaît sur les rivières de plaine ou de montagne de préférence avec un fond sableux, ce qui était bien le cas à Cao Bang. Il était posé sur la petite plage de sable que l’on aperçoit à droite de l’image.

Paragomphus capricornis mâle, Vietnam, Cao Bang, 06/06/2018
Paragomphus capricornis mâle, Vietnam, Cao Bang, 06/06/2018

On le rencontre depuis Singapour et la Malaisie au sud, jusqu’aux provinces du sud de la Chine au nord (Fujian, Guangdong, Guangxi, Yunnan, Hainan) et Hong Kong en passant par la Thaïlande et le Vietnam, le Laos et le Myanmar . Curieusement il n’est pas mentionné encore au Cambodge.
J’avais rencontré la femelle de l’espèce en Malaisie.

Cet article fait partie des odonates observés au Vietnam, pour revenir à la page des Odonates du Vietnam cliquer ici.