Orthetrum albistylum femelle émergente

Orthetrum albistylum femelle émergente, Capvern (France-65), 07/07/2020
Orthetrum albistylum femelle émergente, Capvern (France-65), 07/07/2020

Ce sont de très jeunes mâles et femelles Orthétrum à stylets blancs qui m’attendaient au bord de l’étang de Saint Martin à Capvern, non loin de l’autoroute.
Leurs yeux pâles, les ailes encore chiffonnées et brillantes témoignent de leur récente émergence, certainement le matin même (il est midi).

L’identification est aisée avec le motif très particulier de la face dorsale de l’abdomen. Il s’estompera mais restera présent.

Orthetrum albistylum femelle émergente, Capvern (France-65), 07/07/2020
Orthetrum albistylum femelle émergente, Capvern (France-65), 07/07/2020

Sur le profil on retrouve les 2 larges bandes claires sur la face latérale du thorax et la zone claire entre les ailes.




Orthetrum coerulescens femelle immature

Orthetrum coerulescens femelle immature, Castelnau-Chalosse (France-40), 04/07/2020
Orthetrum coerulescens femelle immature, Castelnau-Chalosse (France-40), 04/07/2020

L’Orthetrum coerulescens ou Orthetrum bleuissant n’est pas commun en Maine-et-Loire et je n’avais jamais rencontré de jeunes, voire très jeunes femelles.
3 critères bien visibles permettent d’identifier l’espèce : les longs ptérostigmas clairs nous indiquent que le choix est restreint à O. brunneum ou coerulescens. Les traits transversaux perpendiculaires à la ligne noire médiane sur l’abdomen (plutôt que des paires de points pour O. brunneum) et surtout l’absence de cellules dédoublées au-dessus de la nervure Radiale supplémentaire affirment l’identification.

On rencontre parfois des sujets aux ailes très ambrées dans la zone costale et sous costale pré nodale. Un peu comme pour les femelles Corduliidae cette coloration disparaît le plus souvent chez les adultes mais les veines, noires par ailleurs, restent parfois teintées de brun jaunâtre dans cette zone.

Orthetrum coerulescens femelle immature, Castelnau-Chalosse (France-40), 04/07/2020
Orthetrum coerulescens femelle immature, Castelnau-Chalosse (France-40), 04/07/2020

On note que le 8° segment abdominal est élargi, ce qu’on retrouve pour de nombreux Orthetrum de par le monde et pour certains Orthemis ; chez ces derniers où l’expansion est importante cet élargissement intervient de façon certaines dans la ponte pour améliorer l’éclaboussement lorsque leur abdomen heurte la surface de l’eau.
La face est brune et c’est un détail aussi bien utile pour la séparer des femelles Orthetrum brunneum

Orthetrum coerulescens femelle immature, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020
Orthetrum coerulescens femelle immature, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020

On note ci-dessus les 2 points blancs de part et d’autre de la tête qui représentent les genoux des pattes antérieures repliées derrière la tête.
Ces femelles changeront finalement assez peu de couleur lors de la maturation, sauf pour les yeux qui deviendront bleus.

Orthetrum coerulescens femelle immature, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020
Orthetrum coerulescens femelle immature, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020

Orthetrum albistylum : l’oeil

Orthetrum albistylum mâle, Denée (France-49), 03/09/2016
Orthetrum albistylum mâle, Denée (France-49), 03/09/2016

C’est toujours un défi amusant que d’arriver à s’approcher suffisamment pour faire ce genre de photo mais ce mâle Orthetrum albistylum s’est avéré patient.

On voit très bien les ommatidies, yeux élémentaires, qui composent cet organe de vision ultra performant, dont on trouvera certains détails sur cette page.


Orthetrum albisylum : accident d’émergence

Orthetrum albistylum mâle, Étang Saint Martin à Capvern (France-65), 07/07/2020
Orthetrum albistylum mâle, Étang Saint Martin à Capvern (France-65), 07/07/2020

Le 7 juillet 2020, sur ce petit étang des Hautes-Pyrénées c’est apparemment le plein moment des émergences car même si je n’ai rencontré que celle-ci (il est midi), j’ai photographié d’autres individus émergents ou très jeunes à proximité. C’est un moment ou les odonates sont très vulnérables, leurs ailes blanchâtres et brillantes dans le soleil attirent l’œil des prédateurs.

Orthetrum albistylum mâle, Étang Saint Martin à Capvern (France-65), 07/07/2020
Orthetrum albistylum mâle, Étang Saint Martin à Capvern (France-65), 07/07/2020

Et la vie de ce mâle sera sans doute brève, un prédateur n’aura pas de mal à s’en saisir car les ailes se sont mal développées ; les antérieures sont presque normales mais les postérieures complètement chiffonnées sont spiralées. Elles ne parviendront pas à un développement normal.

Tant que l’on n’assiste pas à l’émergence, à la sortie de l’imago de son exuvie, il est impossible de connaître les causes de telles difformités et on peut juste supposer qu’une raison quelconque a fait que les ailes sont restées coincées trop longtemps dans les fourreaux alaires. D’ailleurs l’extrémité de l’abdomen semble également mal développée.
Un léger coup de vent l’a fait tomber au sol sous mes yeux et c’est moi qui l’ai placé au soleil sur cette fougère, lui donnant une dernière chance….


Stylurus flavipes femelle 1/1

Stylurus flavipes femelle, Siest (France-40), 05/07/2020
Stylurus flavipes femelle, Siest (France-40), 05/07/2020

C’est toujours sur ce site où m’a emmené mon ami Olivier Payen que j’ai rencontré ma première femelle mature Stylurus flavipes ; en réalité pas une seule mais 2, et aussi un mâle, avec en prime un mâle Gomphus graslinii. Le site est un reboisement assez récent, encore clair, le long de la rivière le Luy, un affluent de l’Adour.

Stylurus flavipes femelle, Siest (France-40), 05/07/2020
Stylurus flavipes femelle, Siest (France-40), 05/07/2020

On retrouve les détails qui permettent d’identifier les mâles, comme l’ovale jaune ou le « T » jaune sur le thorax, bien que ce dernier laisse à désirer sur la femelle encore jeune (yeux un peu pâles) ci-dessus. On note les fémurs largement dominés de jaune.
Ci-dessous sur cette femelle bien mature le « T » est plus nette et la coloration des yeux est plus affirmée.

Stylurus flavipes femelle, Siest (France-40), 05/07/2020
Stylurus flavipes femelle, Siest (France-40), 05/07/2020

On considère l’espèce semivoltine, voire partivoltine (1) en fonction de la latitude, c’est-à-dire que le cycle de métamorphoses aquatiques après la ponte dure au minimum 2 ans, voire plus (sans doute jusqu’à 4 ans). Car si l’espèce est présente le long de la côte Atlantique, sa distribution s’étend à des contrées aux températures moins clémentes, jusqu’à l’est de la Sibérie et la Mongolie !

Stylurus flavipes femelle, Siest (France-40), 05/07/2020
Stylurus flavipes femelle, Siest (France-40), 05/07/2020

Le lieu de ponte typique est une zone lente d’une rivière ou d’un fleuve ou le fond est constitué d’un substrat vaseux ou sableux, car les larves au comportement grégaire peuvent s’y enfoncer profondément.
Aussitôt après l’émergence les adultes se dispersent et deviennent difficile à trouver alors que le nombre d’exuvies collectées est souvent très élevés ; ainsi sur certains secteurs de la Loire, près de chez moi, c’est l’exuvie d’anisoptère la plus commune mais il m’aura fallu près de 15 ans pour voir un mâle mature !


-1- Voltinism of Odonata: a review Philip S. Corbet, Frank Suhling & Dagmar Soendgerath, International Journal of Odonatology 9 (2006) : 1-44.