Krönenlef heinkenensis (Guillon, 2020)

Krönenlef heinkenensis femelle, capsules de bières, octobre 2020
Krönenlef heinkenensis femelle, Beaupréau en Mauges (France-49), 04/10/2020

Quelle surprise de trouver cette femelle Krönenlef heinkenensis (Guillon, 2020), famille des Decapsuliidae, prenant le soleil sur le carrelage de mon salon !
Peu de détails sont connus sur cette espèce, sa biologie ou son habitat sont encore des énigmes ; disons seulement qu’on sait maintenant qu’elle fréquente les habitats urbains bruyants et festifs.
On connaît également peu son mode de reproduction qui s’avèrerait très étonnant et pour assurer sa dépendance elle formerait des packs plus ou moins importants.
Son alimentation est à préciser, les seuls indices que son comportement permet de suggérer permettraient de s’orienter vers des substances fermentées (animales ou végétales ?) ; en effet un témoin (il est vrai peu digne de confiance) l’aurait entendu émettre un drôle de son par son orifice buccal.
Elle mesure environ 1200 mm de long pour une envergure équivalente.

L’étude de cet odonate devra être complétée dans les mois et les années à venir, c’est un tout nouveau champ d’exploration qui s’ouvre aux odonatologues !




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Cordulia aenea mâle en vol

Cordulia aenea mâle, Réserve du Pinail (France - 86), 17/05/2015
Cordulia aenea mâle, Réserve du Pinail (France – 86), 17/05/2015

On m’a récemment posé la question de savoir ce que les libellules faisaient de leurs pattes pendant le vol. J’ai donc changé la photo de Cordulia aenea présente sur mon site depuis des années pour celle-ci.
Elle n’est pas parfaite mais permet de mieux voir certains détails dont la position des pattes : les pattes moyennes et postérieures sont repliées sous le thorax, les pattes antérieures sont repliées derrière la tête. Ce sont donc les articulations entre les fémurs et les tibias qui sont au sommet derrière les yeux.
Que les pattes soient rangées sous le thorax semble répondre à un souci d’aérodynamisme, afin de réduire la trainée, mais pourquoi les pattes antérieures sont-elles placées derrière la tête alors qu’anatomiquement elles pourraient tout aussi bien répondre à la même logique (mais y en a-t-il une ?). Les pattes n’ont pas toutes le même rôle et on sait que les pattes antérieures, si elles interviennent peu pour cramponner un support, sont capitales pour agripper les proies ; or comme les libellules chassent essentiellement en vol peut-être sont elles plus facilement déployées à partir de cette position.

En dehors de la forme de l’abdomen caractéristiquement dilaté dans les derniers segments, on note également l’importante pilosité de l’espèce. Et les yeux magnifiques !




Aeshna mixta – curiosités 2/2 : humidité dans les sacs aériens

Sur cette page lorsque je parle des sacs aériens des libellules j’entends ceux que l’on peut voir à travers la cuticule des odonates sous forme d’espaces cloisonnés. Il en existe d’autres, profonds, qui participent à la respiration trachéale, ce qui n’est pas le cas de ces sacs visibles à travers la transparence de la cuticule.

Le 20 septembre 2008 j’ai eu la chance d’observer un mâle Aeshna mixta dans mon jardin, posé sur une ronce. J’ai fait de nombreuses photos car il s’est montré très patient, en plein soleil, à midi. J’ai pu m’approcher comme on s’approche rarement des Aeshnidae mais il s’est envolé quelques secondes après celle-ci :

Aeshna mixta mâle, humidité dans les sacs aériens, Beaupréau (France-49), 20/09/2008
Aeshna mixta mâle, humidité dans les sacs aériens, Beaupréau (France-49), 20/09/2008

Ce n’est qu’en 2012 que j’ai fait attention à cette photo et l’ai montrée sur le forum Le Monde des Insectes.
Si on clique sur la photo on voit très nettement ce qui ressemble à des gouttes de condensation à l’intérieur de ces sacs aériens ! Très étonnant mais voit-on souvent les sacs aériens si bien délimités et de si près ? J’imagine que si leur délimitation est si visible c’est justement à cause de l’humidité ; pulvérisez de l’eau sur un verre dépoli il paraît beaucoup plus transparent /translucide.
Pourquoi, s’il s’agit de condensation, ne semble-t-il y avoir des gouttes que dans un des sacs et en particulier sur une cloison d’un des sacs ?
La condensation se produit quand de l’air humide est au contact d’une paroi plus froide que lui. Il se serait produit un effet de serre, l’air chaud et humide contenu dans ce sac se serait condensé au contact de la cuticule plus froide. Ce n’est guère convaincant d’imaginer une telle différence de température entre les 2 milieux…

Cependant c’est certainement le rôle majeur de ces sacs aériens que d’isoler thermiquement la libellule et ses muscles thoraciques de la chaleur mais aussi du froid car on connaît bien son extrême sensibilité au froid et son besoin de chaleur pour voler.
L’origine de ces gouttes reste pour moi un mystère.

D’autres rôles ou utilités sont attribués aux sacs aériens et l’observation montre qu’ils sont parfois enfoncés, comme la carrosserie d’une voiture, et comme pour cette dernière les dégâts mineurs n’affectent pas ses capacités à poursuivre une activité normale ; un rôle … d’air-bag donc.

On lit parfois qu’ils amélioreraient la sustentation des libellules par un effet « montgolfière », l’air chaud contenu dans les sacs étant plus léger que l’air ambiant. J’ai bien du mal à penser que l’air pourrait être si chaud dans les sacs aériens qu’il jouerait un rôle de ballon sans nuire gravement au métabolisme de la libellule ; il faudrait aussi que l’air se dilate et que le volume des sacs aériens augmente sensiblement ce qui n’a jamais été observé.