
Nososticta coelestina fait partie de ces Nososticta faciles à identifier avec cette marque bleue particulière sur le thorax et ses appendices anaux bleus. Nous l'avons rencontré dans le Queensland, mais aussi dans le Territoire du Nord et dans "The Australian Protoneurinae" on peut lire qu'ils sont très légèrement différents : plus petits dans le Territoire du Nord, mais avec une marque en virgule, ou en goutte d'eau légèrement plus longue. Je ne vérifie pas cette 2° variation sur mes sujets où je constate plutôt l'inverse, comme on peut le voir ci-dessous. Mais ces variations géographiques sont assez communes.


Nososticta coelestina mâle, Australie (NT), Lietchfield, 15/04/2022
Il ressemble beaucoup à Nososticta koolpinyah, mais la marque thoracique de ce dernier est plus petite et plus concave vers le haut, plus fine distalement, comme on le verra plus tard. Les appendices anaux sont bien sûr légèrement différents, mais cela nécessite de très bonnes photos.
Pour le jeune mâle ci-dessous, j'ai eu quelques doutes, mais aucune autre espèce ne peut correspondre.

Il mesure entre 35 et 40 mm.
On le trouve le long des ruisseaux et petites rivières du nord du Territoire du Nord et de la région côtière du nord-est du Queensland. Voici par exemple le lieu assez peu romantique où j'ai fait la première photo de cette publication, dans le feuillage sur la rive opposée :

Étymologie de Nososticta coelestina
Nososticta est issu de deux mots grecs, le premier, dont on retrouve la racine en français dans nosocomial, par exemple, signifiant "maladie", et le second sticta, signifiant "marqué", ce qui pour les odonates se rapporte aux ptérostigmas. Cette « maladie » est une énigme et il n’y a pas d’indication dans la description de l’espèce sur laquelle le nom de genre est basé, Nososticta solida.
Coelestina vient du latin caelestinus pour "céleste", en raison de la couleur bleu-ciel des appendices anaux, c'est ce que précise Tillyard dans sa description originale.

Les femelles présentent le même motif thoracique, sans doute même un peu plus étendu, mais de coloration terne.
Noter la petite zone colorée à la face latérale de l'ovipositeur, elle semble une constante des Nososticta, sous S8 et S9.


Il est toujours intéressant de trouver les odonates en accouplement ou en tandem, car cela permet de voir les femelles ou de confirmer leur aspect ; elles sont beaucoup plus discrètes, elles sont habituellement moins colorées, et donc plus difficiles à identifier. Même les mauvaises photos (il est toujours difficile d'avoir les 2 partenaires nettes en même temps, en vol...) sont donc intéressantes.

Fréquentant les rivières et les étangs, la Giant Water Spider, Megadolomedes trux (Pisauridae) est très adaptée à capturer et se délecter des odonates ; elle est capable de courir sur l'eau et même de passer de longs moments sous la surface.



Endersby Ian & Fliedner Heinrich (2015). The Naming of Australia’s Dragonflies. Busybird publishing.
Watson, J. A. L. & Theischinger, G. (1984). The Australian Protoneurinae (Odonata). Australian Journal of Zoology Supplementary Series, 32(98), 1–51.
Salut Benoît,
En effet là ça devrait fonctionner...
Donc beau document avec des photos au top, comme d'hab. Il y a vraiment de belles libellules dans ce pays...et tu sais les magnifier.